
Vous vendez une tarte à la coupe, un macaron en vitrine ou un entremets en ligne : vous êtes déjà concerné par l’étiquetage nutritionnel et les allergènes, même sans emballage. La méconnaissance de cette obligation coûte cher : jusqu’à 375 000 € d’amende en France, sans compter le risque sur un incident allergique. Voici ce que la loi exige réellement en 2026, et comment le tenir à jour sans laboratoire à chaque changement de recette.
Comprenez ce que le règlement INCO impose vraiment
Le règlement européen INCO (UE n°1169/2011) encadre l’étiquetage de toutes les denrées alimentaires, y compris celles vendues à la coupe, en vitrine ou à emporter. Il impose une déclaration nutritionnelle avec sept valeurs obligatoires : l’énergie (en kJ et kcal), les matières grasses, dont les acides gras saturés, les glucides, dont les sucres, les protéines, et le sel. Cette déclaration complète est obligatoire depuis décembre 2016 pour tout produit préemballé avant la vente.
Pour les produits non préemballés (vendus en direct, en vitrine, à la coupe), le tableau nutritionnel complet n’est pas exigé. Mais deux mentions restent obligatoires dans tous les cas : la dénomination précise du produit, et la déclaration des allergènes. C’est le point que la plupart des labos artisanaux sous-estiment.
Maîtrisez les 14 allergènes à déclaration obligatoire
Le règlement INCO liste 14 allergènes majeurs (gluten, œufs, lait, fruits à coque, soja, fruits à coque, sésame, entre autres) dont la présence doit être mise en évidence dans la liste des ingrédients, par une typographie différente : gras, majuscules ou couleur. Cette obligation s’applique au vrac comme au préemballé, en boutique comme en ligne.
En pâtisserie, les allergènes les plus fréquents sont évidents (œufs, lait, gluten, fruits à coque), mais les oublis viennent des ingrédients cachés : traces dans une pâte à tartiner, sulfites dans un fruit sec, fruits à coque dans une base de praliné utilisée ailleurs que dans la recette d’origine. Sans traçabilité fine par sous-recette, l’oubli est presque systématique dès qu’une préparation sert dans plusieurs desserts.

Anticipez les nouvelles normes 2026
Le cadre réglementaire ne reste pas figé. Dans la nuit du 7 au 8 novembre 2025, l’Assemblée nationale a adopté, dans le cadre du PLFSS 2026, un amendement visant à rendre le Nutri-Score obligatoire sur les emballages alimentaires en France. La mesure n’est pas encore définitivement actée, mais l’algorithme du Nutri-Score a déjà été durci en mars 2025, dégradant les notes des produits sucrés et gras, une catégorie qui touche directement la pâtisserie.
Si vous vendez ou envisagez de vendre à l’international, gardez un œil sur deux autres cadres : aux États-Unis, la FDA impose son propre format d’étiquette nutritionnelle et considère le sésame comme le neuvième allergène majeur depuis 2023. Au Royaume-Uni, la Natasha’s Law impose depuis 2021 une liste d’ingrédients complète avec allergènes en gras sur tout produit préemballé pour vente directe (PPDS), une règle qui touche en plein les labos et les hôtels qui préparent sur place.
Calculez vos valeurs nutritionnelles sans laboratoire
La réglementation autorise le calcul des valeurs nutritionnelles à partir de la composition des ingrédients, sans passer systématiquement par une analyse en laboratoire, à condition d’utiliser des données de composition fiables et à jour. C’est la méthode la plus réaliste pour un labo qui fait évoluer ses recettes régulièrement : un laboratoire externe facture entre 300 et 500 € par recette analysée, à refaire à chaque reformulation.
Le calcul manuel a une limite claire : il faut des fiches techniques exactes, avec le rendement net de chaque ingrédient (une pâte de fruits perd de l’eau à la cuisson, un beurre pommade n’a pas le même poids que le beurre froid pesé), et il faut répercuter automatiquement tout changement dans les sous-recettes utilisées ailleurs. C’est exactement ce que fait ChefBase : la déclaration nutritionnelle et les allergènes sortent directement de la fiche technique, recalculés à chaque fois qu’un ingrédient ou une quantité change, sans ressaisie et sans oubli de sous-recette.

Évitez les sanctions
En France, la DGCCRF contrôle l’étiquetage alimentaire et peut prononcer des amendes allant jusqu’à 375 000 € pour une entreprise, en plus du retrait de produits. À l’échelle européenne, l’Union européenne a enregistré plus de 4 000 rappels alimentaires en une seule année, dont environ 30 % liés à des erreurs d’étiquetage, en particulier des allergènes non déclarés. Au-delà de la sanction, un incident allergique dans votre établissement reste le risque le plus lourd, pour le client comme pour votre réputation.
À retenir : les 14 allergènes sont obligatoires quel que soit votre mode de vente, vrac inclus. Le tableau nutritionnel complet ne s’impose qu’au préemballé, mais le Nutri-Score pourrait devenir obligatoire en France dès 2026. Calculer ces valeurs depuis une fiche technique à jour (plutôt qu’un laboratoire à chaque recette) évite les ressaisies et les oublis quand une sous-recette change de composition.
Questions fréquentes
L’étiquetage nutritionnel est-il obligatoire pour un pâtissier artisan ?
Oui pour les allergènes, quel que soit le mode de vente, y compris en vrac ou à la coupe. Le tableau nutritionnel complet (les sept valeurs du règlement INCO) n’est en revanche obligatoire que pour les produits préemballés avant la vente, pas pour ceux vendus directement en vitrine ou à la coupe.
Quels sont les 14 allergènes à déclaration obligatoire ?
Le règlement INCO (UE n°1169/2011) impose la déclaration de 14 allergènes majeurs, dont le gluten, les œufs, le lait, les fruits à coque, le soja et le sésame. Ils doivent être mis en évidence dans la liste des ingrédients par une typographie différente, en gras ou en majuscules, que le produit soit préemballé ou vendu en vrac.
Le Nutri-Score va-t-il devenir obligatoire en France ?
Un amendement rendant le Nutri-Score obligatoire a été adopté par l’Assemblée nationale en novembre 2025 dans le cadre du PLFSS 2026, mais la mesure n’est pas encore définitivement actée à ce stade. L’algorithme a déjà été durci en mars 2025, ce qui dégrade les notes des produits sucrés et gras, une catégorie qui concerne directement la pâtisserie.
Comment calculer les valeurs nutritionnelles d’un gâteau sans laboratoire ?
La réglementation autorise le calcul des valeurs nutritionnelles à partir de la composition des ingrédients et de leurs quantités, sans analyse en laboratoire obligatoire, si les données utilisées sont fiables. ChefBase automatise ce calcul directement depuis la fiche technique, avec recalcul automatique dès qu’un ingrédient ou une sous-recette change.
Quelles sanctions en cas d’étiquetage non conforme en pâtisserie ?
En France, la DGCCRF peut prononcer des amendes allant jusqu’à 375 000 € pour une entreprise en cas d’étiquetage non conforme, en plus du retrait de produits. À l’échelle européenne, environ 30 % des rappels alimentaires sont liés à des erreurs d’étiquetage, en particulier des allergènes non déclarés.

